LA CATHÉDRALE, L’ALCÁZAR ET LES ARCHIVES DES INDES DE SÉVILLE
Les trois monuments, situés en
plein coeur de Séville, se complètent et mettent en évidence les moments les
plus importants de la vie de cette ville andalouse qui s'éléve sur les rives
du Guadalquivir. Tous trois sont directement associés à la découverte du
Nouveau Monde par Christophe Colomb. La cathédrale abrite la tombe du
navigateur; c’est dans la salle des amiraux, dans l'alcázar que se préparèrent
de nombreuses explorations, notamment celles de Magellan et d'Elcano, et l’édifice
de la bourse contient la documentation la plus importante sur le Nouveau Monde:
les archives des Indes.
La cathédrale, qui comporte cinq nefs, est le plus grand édifice gothique
d’Espagne. Le temple primitif fut détruit lors de la conquête arabe en 712
et, sur ses ruines, les Almohades construisirent une grande mosquée. Son élément
le plus remarquable est la Giralda, l'ancien minaret construit entre 1172 et
1198 par Almanzor, qui rivalise en dimensions et en élégance avec la Koutoubia
de Marrakech et la tour Hassan de Rabat.
Après la reconquête de Séville en 1248, le minaret échappa à la destruction
et il fut couronné au XVIIème s. par une statue en bronze représentant
la Foi, le Giraldillo, située à 97,52 mètres d’altitude. La fameuse cour
des Orangers, située au nord de l’église, rappelle également la grande
mosquée. Les plus importants architectes et sculpteurs espagnols, flamands et
allemands sont passés par la cathédrale qui, après la découverte du Nouveau
Monde, s'est enrichie de vitraux, de retables, de peintures, etc. On remarque,
en particulier, la salle elliptique du chapitre réalisée par Hernán Ruíz,
l’une des plus belles créations architecturales de la Renaissance.
L’alcázar est un palais-forteresse édifié par les Almohades pour contrôler
le Guadalquivir. On conserve de cette époque sa muraille crénelée et
plusieurs enceintes intérieures, telles que le "patio de las Muñecas"
(la cour des poupées) et le "patio del Yeso" (la cour du plâtre). À
partir de 1248, l’alcázar devint une résidence royale. Sous le règne de
Pierre le Cruel, entre 1364 et 1366, on construisit à l’intérieur de l’alcázar
un palais qui illustre parfaitement le syncrétisme de l’art mudéjar. Au
cours des siècles suivants, de nouvelles modifications furent effectuées, en
respectant toujours les jardins et la personnalité du palais andalou. Dans les
dépendances de celui-ci, on remarque la cour des Jeunes filles (patio de Las
Doncellas) avec ses stucs, ses plafonds à caissons, ses azulejos et sa fontaine
centrale.
Enfin, la bourse (lonja) est située entre la cathédrale et l’alcázar. En
vue de contrôler le commerce avec les colons d’Amérique, Philippe II chargea
Juan de Herrera de réaliser les plans d’une nouvelle "Casa de Contratación".
L’architecte de l’Escurial lui imprima son style sévère. Mais l’édifice,
une fois terminé, ne devint pas une nouvelle "Casa de Contratación".
Il abrita, à partir de 1784, les Archives générales des Indes. Celles-ci
s’enrichirent, à partir de 1970, d’une documentation unique qui n’est pas
encore complètement étudiée.
À l’ombre de la Giralda, la cathédrale, l’alcázar et la bourse
constituent un témoignage exceptionnel sur la civilisation almohade et sur la
grande aventure de la conquête de l’Amérique.
(Source:http://www.tourspain.es/frances/arte/patan2.htm)